Chambres d'hôtes : exonération d'impôt en 2026
Louer une chambre d’hôtes peut être totalement exonéré d’impôt… à condition de respecter des règles strictes. Découvre les seuils, conditions et pièges à éviter.

- Les recettes tirées de la location de chambres d'hôtes dans sa résidence principale sont exonérées d'impôt jusqu'à 760 € TTC par an, soit environ 63 € par mois.
- Trois conditions doivent être réunies simultanément : chambres situées dans la résidence principale, locataires de passage uniquement, recettes annuelles sous le plafond.
- Le mécanisme est binaire : au premier euro de dépassement, la totalité des recettes devient imposable, et non le seul excédent.
- L'exonération ne dispense pas de déclarer : les recettes doivent figurer sur la déclaration annuelle de revenus.
- Au-delà du seuil, les revenus relèvent des BIC, avec un choix entre micro-BIC à 50 % d'abattement jusqu'à 77 700 € et régime réel.
- Les obligations administratives restent dues : déclaration en mairie (Cerfa 13566), numéro d'enregistrement depuis mai 2026, immatriculation en cas d'activité habituelle.
- L'exonération peut se cumuler avec celle applicable à la location d'une chambre à un locataire domicilié, à loyer raisonnable.
Tu loues une chambre chez toi à des voyageurs, avec petit-déjeuner inclus ? Sous certaines conditions, tu peux être totalement exonéré d'impôt sur ces revenus. Mais le dispositif est précis, et le moindre dépassement peut tout remettre en cause.
Ce guide détaille les trois conditions cumulatives de l'exonération, ce qui se passe quand tu dépasses le seuil, la décision fiscale importante de septembre 2025 qui change les règles du micro-BIC et comment cumuler deux exonérations pour maximiser tes revenus nets.
Chambre d'hôtes vs meublé de tourisme : deux régimes fiscaux distincts
La confusion est fréquente, mais les deux activités sont bien distinctes et leur traitement fiscal est différent :
Critère | Chambre d'hôtes | Meublé de tourisme |
|---|---|---|
Lieu | Partie de ta résidence principale | Résidence principale ou secondaire |
Présence du propriétaire | Obligatoire | Non requise |
Prestations fournies | Nuitée + petit-déjeuner + accueil + linge | Aucune obligation de service |
Exonération spécifique | ✅ Oui, jusqu'à 760 €/an | ❌ Non |
Seuil micro-BIC (2026) | 77 700 € | 15 000 € (non classé) / 77 700 € (classé) |
Abattement micro-BIC (2026) | 50 % | 30 % (non classé) / 50 % (classé) |
Régime réel possible | Oui | Oui |
Capacité maximale | 5 chambres, 15 personnes | Pas de limite équivalente |
Cette distinction a un impact direct : l'exonération à 760 € est réservée aux chambres d'hôtes. Un meublé de tourisme classique n'en bénéficie pas.
Les 3 conditions cumulatives pour être exonéré
Pour bénéficier de l'exonération, les trois conditions doivent être remplies simultanément. Une seule manquante et l'exonération tombe en totalité.
Condition | Ce que ça signifie concrètement | |
|---|---|---|
1 | Chambres dans ta résidence principale | Le logement où tu vis de façon habituelle et effective. Une résidence secondaire même occupée régulièrement - exclut l'exonération. |
2 | Locataires de passage uniquement | Voyageurs temporaires qui n'établissent pas leur domicile chez toi. Un étudiant installé à l'année ne remplit pas cette condition. |
3 | Recettes annuelles ≤ 760 € TTC | Tout compris : nuitées, petits-déjeuners, services annexes. C'est le montant brut perçu qui compte, aucune déduction de charges n'est possible. |
⚠️ Point critique : si tu dépasses 760 €, même d'un seul euro, l'exonération tombe sur la totalité de tes recettes pas seulement sur le dépassement. 750 € → exonération totale. 761 € → 761 € imposables. Le mécanisme est binaire. Tiens un suivi précis de tes encaissements tout au long de l'année.
Deux exemples concrets
Lucie loue une chambre d'hôtes dans sa maison principale en Dordogne.
2026 : 680 € perçus → Les 3 conditions sont remplies → Exonération totale, zéro impôt.
2027 : 810 € perçus → Elle dépasse le seuil → 810 € intégralement imposables (pas seulement les 50 € de dépassement).
Que se passe-t-il si tu dépasses 760 € ?
Tu entres dans le droit commun des BIC (bénéfices industriels et commerciaux) et tu as le choix entre deux régimes.
Régime | Conditions | Fonctionnement |
|---|---|---|
Micro-BIC | Recettes ≤ 77 700 €/an | Tu déclares le montant brut, l'administration applique 50 % d'abattement forfaitaire. Simple, mais charges réelles non déductibles. |
Régime réel simplifié | Au choix si < 77 700 €, obligatoire au-delà | Tu déduis tes charges réelles (travaux, fournitures petit-déjeuner, assurance, emprunt) et pratiques l'amortissement. Souvent plus avantageux si charges significatives. |
⚠️ Important : Décision Conseil d'État (16 sept. 2025) : depuis cet arrêt (n° 505228), les chambres d'hôtes sont définitivement considérées comme une activité de location meublée pour le régime micro. Le seuil majoré de 188 700 € et l'abattement de 71 % réservés aux activités hôtelières ne s'appliquent pas. C'est bien le seuil de 77 700 € et l'abattement de 50 % qui s'appliquent aux chambres d'hôtes en micro-BIC.
Déclaration obligatoire dans tous les cas : l'exonération ne dispense pas de la déclaration. Si tes recettes ne dépassent pas 760 €, tu les reportes sur ta déclaration de revenus - l'exonération s'applique automatiquement. Ne pas déclarer, c'est s'exposer à un contrôle et un redressement.
Le cumul des deux exonérations : un levier souvent méconnu
Si tu loues une chambre à un locataire domicilié (étudiant, salarié en mobilité) en plus de tes chambres d'hôtes, tu peux bénéficier de deux exonérations simultanées.
L'exonération pour location d'une partie de ta résidence principale
Un locataire qui établit son domicile dans une chambre de ton logement peut générer des revenus exonérés d'impôt à condition de pratiquer un loyer raisonnable, encadré par des plafonds définis chaque année par l'administration :
206 €/m²/an en Île-de-France (valeur applicable jusqu'au 31 décembre 2026)
152 €/m²/an dans les autres régions (valeur applicable jusqu'au 31 décembre 2026)
Exemple : une chambre de 12 m² en province → loyer annuel ≤ 1 824 € (soit ~152 €/mois). Si tu respectes ce plafond, ces revenus sont exonérés.
Cumul en pratique : tu loues une chambre à un étudiant (loyer conforme aux plafonds → exonération) ET tu accueilles des voyageurs dans une autre chambre d'hôtes (recettes ≤ 760 € → exonération).
Les deux exonérations s'appliquent alors simultanément. À garder en tête toutefois : avec un plafond de 760 € par an, soit environ 63 € par mois, l'exonération chambre d'hôtes ne couvre qu'une activité très occasionnelle. Quelques nuits en haute saison suffisent à la faire tomber. Pour aller plus loin, mieux vaut raisonner en rentabilité nette après imposition.
Les obligations administratives à ne pas oublier
Obligation | Détail |
|---|---|
Déclaration en mairie | Avant de commencer à accueillir des voyageurs - formulaire Cerfa n° 13566. Obligatoire dans toutes les communes. |
Obligatoire partout depuis mai 2026, via le téléservice national, à afficher sur toutes les annonces en ligne | |
Immatriculation au RNE | registre national des entreprisesEn cas d'activité habituelle, même saisonnière et récurrente, via le guichet unique des entreprises |
Déclaration fiscale annuelle | Même si exonéré - reporter les recettes sur la déclaration de revenus pour que l'exonération s'applique automatiquement. |
Taxe de séjour | Dans de nombreuses communes touristiques - à collecter auprès des voyageurs et reverser à la collectivité. Renseignement auprès de la mairie. |
Cotisations sociales | En cas d'activité habituelle dépassant les seuils, rattachement au régime des travailleurs indépendants |
Les 5 erreurs qui peuvent te coûter l'exonération
Erreur | Conséquence |
|---|---|
Louer dans une résidence secondaire | Exonération automatiquement exclue même si tu y séjournes régulièrement |
Dépasser 760 € sans le réaliser | La totalité des recettes (pas seulement le dépassement) devient imposable. Tiens un suivi mensuel précis. |
Penser que l'exonération dispense de démarches | Tu dois déclarer tes revenus, déclarer l'activité en mairie, et selon les cas t'immatriculer. L'exonération est fiscale, pas administrative. |
Appliquer le seuil majoré de 188 700 € au micro-BIC | Depuis la décision CE sept. 2025, les chambres d'hôtes relèvent du seuil 77 700 € / abattement 50 % pas du régime hôtelier. |
Pratiquer un loyer trop élevé pour la chambre du locataire domicilié | Perte de la seconde exonération et risque d'attirer l'attention sur l'ensemble de ta situation locative. |
Foire aux questions (FAQ)
Quel est le plafond de recettes pour être exonéré ?
760 € TTC par an, toutes sommes perçues incluses : nuitées, petits-déjeuners et services annexes. Soit environ 63 € par mois, ce qui limite le dispositif à une activité très occasionnelle.
Faut-il déclarer ses revenus même si on est exonéré ?
Oui, l'exonération n'est pas une dispense de déclaration. Les recettes doivent être reportées sur la déclaration annuelle de revenus, l'administration appliquant ensuite l'exonération si les conditions sont réunies.
L'exonération s'applique-t-elle si les chambres sont dans une résidence secondaire ?
Non, elle est réservée aux chambres situées dans la résidence principale, c'est-à-dire le logement occupé de façon habituelle et effective. Une résidence secondaire, même occupée régulièrement, en est exclue.
Que se passe-t-il si je dépasse 760 € de quelques euros ?
L'exonération tombe sur l'intégralité des recettes, pas seulement sur le dépassement : 780 € encaissés deviennent 780 € imposables en BIC. Le mécanisme est binaire, d'où l'intérêt d'un suivi mensuel des encaissements.
Faut-il déclarer l'activité en mairie ?
Oui, avant le premier accueil de voyageurs, via le formulaire Cerfa n° 13566. Depuis mai 2026, un numéro d'enregistrement est par ailleurs requis pour toute annonce en ligne.
Quel régime fiscal choisir si mes recettes dépassent le seuil ?
Le micro-BIC, avec un abattement de 50 % jusqu'à 77 700 € de recettes, ou le régime réel, qui permet de déduire les charges réelles et les amortissements. Le réel devient souvent plus intéressant dès que les frais sont significatifs : travaux, équipement, emprunt, fournitures des petits-déjeuners.
L'exonération est-elle cumulable avec un autre dispositif ?
Oui, avec l'exonération applicable à la location d'une partie de la résidence principale à loyer raisonnable, sous réserve de respecter les plafonds fixés par l'administration. Les deux exonérations sont indépendantes et se cumulent si toutes les conditions sont réunies.






